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13/04/2008

Niort – Clermont : une nouvelle victoire qui compte...

Peu d’espace, beaucoup d’enjeux- surtout côté niortais -, une configuration d’équipe très rapidement revisitée, mais un but, unique, synonyme de victoire et de trois nouveaux points plaqué-or tombant dans l’escarcelle des Niortais. Avec, cette fois, un résultat portant ses fruits au classement, puis que les Chamois sortent de l’ombre froide et inhospitalière des rangs des relégables pour goûter à une lumière encore fragile et faible d’un fauteuil plus confortable. Quel bol d’air !

Une première mi-temps sans relief

Pas de quoi casser quatre pattes à un canard ces 45 premières minutes. A René-Gaillard, l’habitude s’est malheureusement prise depuis des mois. Sur mon carnet à spirales, une seule et unique timide occasion à inscrire : signée Gonzalez à la 32’. En tout cas, pas de quoi faire trembler Fabre, le portier auvergnat plutôt serein, ni une défense bien en place qui arbore une tenue plus coutumière des Deux-Sèvres (logo et couleurs niortaises) que du Puy de Dôme (rouge et bleu). Les Clermontois se sont un régal des grands ballons basculés vers l’avant par la ligne défensive niortaise, attelée à un rôle d’animatrice du jeu dont elle ne se sied guère. Le p’tit Chamois est en mal d’ingéniosité. Niveau construction, prévoyons une séance de rattrapage ! Alors, lorsqu’arrive la 12’, le plan de jeu des locaux se transforme en lifting de la ligne offensive – sortie bien prématurée de Leroy très diminué par une cuisse récalcitrante, on semble planter le décor d’un navet théâtral ou d’une série B sans intérêt.

Dans le registre monotonie ambiante, le volcan d’Auvergne clermontois ne semble plus guère prêt à se réveiller. Ce qui sert bien les petites entreprises niortaises, sans faire avancer le schmilblick.

D’ailleurs, M. Biton, arbitre de la rencontre, ne s’y trompe pas et renvoie tout ce petit monde aux vestiaires, sans décompte inutile d’un quelconque temps additionnel. Un bilan maigre donc, mais qui correspond finalement assez bien à la physionomie d’un match très fermé, une grande joute de milieu de terrain, d’une frilosité offensive très prégnante contrebalancée par une attention défensive de tous les instants. Tout reste à faire.


La bonne cartouche de Bugnet

Au retour des vestiaires, les 22 acteurs présentent une hardiesse toute autre. Niort desserre la pédale de frein. Perez-Garcia se charge personnellement d’appuyer sur l’accélérateur en distillant quelques bonnes passes et combinaisons dont ce centre impeccable sur lequel Gonzalez tente une reprise de volée audacieuse qui ne trahit pas la concentration de Fabre (48’). En face, Mendy répond du tac au tac même s’il est trop court pour couper la trajectoire d’un ballon chaud de Lesoimier (51’). Le match s’anime quelque peu.

C’est pourtant Clermont qui faillit faire chavirer le tableau d’affichage. Grougi au corner dépose un ballon pour la reprise de Poté qui oblige Klein à briller dans ses cages (58’). Ouf de soulagement dans les travées pour cette interposition.

Alors que Niort continue de se casser les dents sur une défense en granite bien resserrée ayant fermé ses portes à double tour, l’opération coaching de Samule Michel entre dans la danse. Bugnet vient suppléer un Gonzalez devenu silencieux depuis l’heure de jeu (66’) et Jacuzzi est prié de se rendre sans discussion à la douche. Konaté le remplace (77’). Dans la continuité de sa très bonne prestation nantaise, le grand Djibril ne tarde pas à faire parler de lui sur son côté, un poste qu’il affectionne particulièrement. Il se trouve même à un fil de faire trembler les filets adverses. Mais l’arrêt de grande classe de Fabre refroidit son ardeur. Face à face, tournant de la rencontre ? A ce moment-là, dans le contexte général du match, je me pose réellement la question. Dans ces situations, les occasions se comptent en petits trésors qu’il ne faudrait pas dilapider.

Et pourtant, cette deuxième mi-temps s’emballe. Perez-Garcia, intraitable balle au pied, profite d’un contre favorable pour lancer Bugnet côté gauche dans un couloir laissé libre par des Auvergnats sur la tendance repli. Le joueur niortais s’avance et adresse un tir croisé enveloppé, hors d’atteinte du gardien. Délivrance ? Libération ? Il s’agit en tout cas du premier but de l’ex-dijonnais sous les couleurs niortaises qui arrive sur un plateau doré à la 83’.

Conserver ce précieux avantage sera l’unique mission des locaux lors des 10 dernières minutes bien longues mais bien négociées au final. Les initiatives étalonnées en seconde période ont été logiquement récompensées pour une victoire qui entretient la chaîne de l’espoir sur la route du maintien. De quoi alimenter les meilleures intentions lors d’une semaine qui s’annonce déterminante avec deux nouveaux virages à négocier. Espérons qu’ils ne nous fassent pas basculer dans le ravin.